LA 2,333EME DIMENSION

Et voilà une belle offre qu’il faut saisir auprès FNAC.

BD & Humour Julius Corentin Acquefacques est employé au ministère de l’humour. Un jour – ou plutôt une nuit -, alors qu’il est tranquillement en train de rêver, deux contrôleurs d’oniroactivité (il n’y a pas de sot métier, c’est bien connu) débarquent chez lui. Ils se mettent à farfouiller sous son chapeau, bien décidés à voir ce qu’il y a à l’intérieur de son rêve. Et là, patatras : voilà qu’un des songes s’envole. Julius se réveille dans un autre rêve – autrement dit, il rêve qu’il rêve. Vous suivez ? Rien de grave, certes. Jusqu’au moment où Julius, sans le faire exprès, passe derrière la ligne d’horizon et emporte avec lui l’un des points de fuite qui créent la perspective – et donc, le relief. Cela n’a l’air de rien, mais c’est bien embêtant. Car du coup, quand Julius se réveille, le monde est devenu plat. Sans épaisseur. Les humains se retrouvent quelque part entre la deuxième et la troisième dimension. Pour être très précis, dans la dimension 2,3333. On confie alors une mission à Julius : s’en aller récupérer le point de fuite perdu dans l’inframonde – rien que ça. Et le voilà parti pour un drôle de voyage. Il le conduit jusqu’aux archives où sont entreposés les décors en tous genres sur lesquels veille Dilbert Dugommier, « directeur de distribution des décors divers ». Une sorte de capharnaüm à la Gaston Lagaffe où échouent tous les décors de bande dessinée?

C’est le cinquième volet des aventures surréelles de Julius Corentin Acquefacques, personnage improbable à chapeau mou et lunettes noires. Son créateur, Marc-Antoine Mathieu, est l’un des auteurs de bande dessinée les plus imaginatifs du moment. Scénariste et dessinateur, Mathieu est aussi scénographe, spécialiste de la mise en scène d’expositions de bande dessinée. Chacune des aventures de Julius est l’occasion d’une performance graphique et scénaristique étonnante. Entre cases manquantes, pages perforées d’un trou incongru et spirales en volume découpées, ses albums renouvellent le langage de la bande dessinée et emmènent le lecteur sur des sentiers inexplorés, sans jamais céder à l’effet gratuit ni entraver le plaisir de la narration. Ici, une partie de son récit est? en relief. Muni des lunettes idoines, le lecteur pourra découvrir en même temps que Julius l’inextricable décor quotidien de Dilbert Dugommier. Comme dirait celui-ci, « pénétrer dans ce conglomérat est déconseillé. Je vous laisse imaginer le galimatias spatial qui résulte d’un tel concentré d’avatars ».
Que le lecteur, surtout, n’hésite pas une seconde avant de s’engager aux côtés de Julius : il plongera avec délices dans les méandres de l’imagination et du rêve couché sur le papier? Bon voyage !
Christophe Quillien
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Julius Corentin part cette fois-ci à la recherche d’un point de fuite fuyant. Une nouvelle aventure infradimensionnelle avec trois chiffres après la virgule, où un onirisme flamboyant et astucieux met littéralement la bande dessinée en perspective..
Jean-Christophe, libraire BD à la Fnac Montparnasse
Julius Corentin Acquefacques prisonnier des rêvesMathieuLabels indépendants et Romans graphiques

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